LA DESTRUCTION, UNE FATALITÉ ?
LA DESTRUCTION, UNE FATALITÉ ?

LA DESTRUCTION, UNE FATALITÉ ?

 

La destruction, une fatalité ?

Bon nombre de propriétaires de chiens connaissent le problème, et nous sommes aussi passés par là ! Matelas éventré, plinthes arrachées, moulures émiettées… notre petite Emmy nous a donné du fil à retordre dès son plus jeune âge et nous avons à cœur de vous partager notre expérience, car il existe bel et bien des solutions concrètes, afin de vivre en harmonie avec votre animal ET votre intérieur.

Certes, nous ne sommes pas « éducateurs canins » au sens professionnel du terme, mais nous avons mûri nos connaissances au fil des années, auprès de professionnels qualifiés ou via des séminaires auxquels nous avons assisté. Et il est évident que c’est en observant nos animaux avec amour, patience et compréhension que nous avançons, main dans la patte… ils nous apprennent énormément lorsqu’on sait écouter !

Sachez qu’il n’existe pas une seule et unique cause à la destruction : trop plein d’énergie, besoins masticatoires, ennui, anxiété de séparation… c’est en testant les différentes méthodes que nous allons vous proposer, que vous allez probablement comprendre quelle était l’origine du problème, et tenter de remédier définitivement à celui-ci.

Adaptons-nous à leurs besoins.

Tout d’abord, il est plus que primordial de comprendre que l’acte d’adoption est une responsabilité, et notamment celle de respecter notre compagnon et de répondre à ses besoins.
Les animaux sont des êtres vivants doués d’une grande sensibilité, ils sont physiquement différemment constitués et ont leurs propres modes d’expression… Ils ont pourtant sû merveilleusement bien s’adapter à l’homme, à notre langue et à nos modes de vie ; ils mangent et font leurs besoins selon notre bon vouloir, intègrent nos humeurs et nos expressions, acceptent des situations « humaines » qui peuvent leur être difficiles… À nous de nous adapter à eux, de les lire, de les comprendre et de répondre à leurs besoins.

Mais quels sont-ils justement ? Et bien, voici une liste non exhaustive de 5 activités essentielles au quotidien de votre chien : physique, exploratrice, sociale, intellectuelle et masticatoire… à adapter plus ou moins en fonction des besoins de chacun. L’âge, la race, la taille et l’état de santé de votre chien sont à prendre en compte… Réfléchissez sur les raisons pour lesquelles cette race a vu le jour : quelles étaient ses tâches, son histoire ? Ceci risque fortement de vous orienter dans vos choix d’activités.

L’activité physique et exploratrice.

Ne pensez pas qu’un jardin suffise à offrir à votre chien un niveau de satisfaction suffisant. Ce n’est rien de plus qu’une pièce à ciel ouvert. Passé son temps d’exploration quotidien, votre chien n’aura vite plus grand-chose à y faire, si ce n’est gratter vos parterres de fleurs, creuser des trous, s’ennuyer un peu et aboyer sur tout ce qui passera devant le portail.
Offrir des sorties qualitatives à son loulou est plus qu’indispensable à son bien-être et probablement l’un des meilleurs moyens pour évacuer son énergie. C’est aussi l’occasion d’assouvir ses instincts (chasser une proie, courir de longues distances, pister une odeur), explorer de nouveaux horizons ou rencontrer des congénères. Mais n’oublions pas l’aspect mental ; sortir c’est aussi l’occasion de réfléchir, d’analyser, d’observer… l’activité intellectuelle étant tout autant une source de bonne fatigue que d’apaisement.

Une sortie en laisse, bien que nécessaire, n’aura pas le même impact pour évacuer l’énergie de votre chien ; il peut en ressortir une frustration conduisant à des destructions. Il est évident qu’il est difficile d’avoir un chien seul et « sage » à la maison pendant toute une journée de travail, s’il n’a bénéficié que d’une sortie de 15 minutes le matin, sur le béton.

Comprenez bien que sortir son chien, le matin et le soir, le temps de faire ses besoins n’est pas une activité physique. L’animal n’a pas l’occasion de se dépenser comme il faudrait. Il faut donc s’arranger dans son emploi du temps pour qu’il ait la possibilité d’évacuer son énergie : sortie plus longue le matin ? Rentrer le midi ? Faire appel à un proche, un voisin ou à un dogsitter ? A vous de voir quelle est la solution la plus adéquate à votre planning, aux besoins physiques de votre animal et à vos finances.
Il existe des solutions parfois insoupçonnées : sur la plateforme d’Holidog, vous pouvez trouver des dogsitters le temps d’une promenade ; de nombreux profils sont disponibles dans la France entière et à tous les tarifs (6 à 15€ la promenade). Il existe également des plateformes d’échanges de services entre voisins (Smiile, Mon super Voisin, etc.)
Si vous ne sortiez que 15 minutes le matin, sachez que 15 minutes supplémentaires, ce n’est pas grand-chose et cela peut être bénéfique pour votre animal. Pensez « bien-être » : de l’herbe, de l’exploration, de la liberté (quitte à opter pour une longe au sol)…

L’activité mentale.

Certes, nos loulous pourront bénéficier de cette activité au cours de leurs sorties (observations, analyse de l’environnement, interactions, etc.) ; il est toutefois possible de les occuper intellectuellement pendant votre absence ; la stimulation mentale étant une activité essentielle à leur bien-être au quotidien. Une vie sédentaire est trop souvent source de stress et de frustration ; il peut en découler des problèmes de comportement lorsque le chien trouve lui-même des activités pour combler ses besoins. Un chien doit pouvoir réfléchir, utiliser ses sens et apprécie tout particulièrement les situations enrichissantes et stimulantes.

Tiens, tiens… L’enrichissement, ça ne vous dit rien ? Les soigneurs utilisent particulièrement cette technique dans les zoos. Les animaux vivant dans un environnement restreint doivent pouvoir être stimulés intellectuellement, afin de diminuer les comportements stéréotypés et de vaincre le mal-être et l’ennui. Cela passe par des mangeoires casse-tête, des glaçons, des cordes, la dispersion de nourriture, etc.

Des études ont aujourd’hui démontré que la dépense énergétique qui résulte d’une activité de stimulation mentale est bien supérieure à celle d’une activité physique. En cas de destructions, vous avez donc tout intérêt à occuper votre loulou pendant votre absence.
Les avantages sont nombreux : vaincre l’ennui, orienter l’attention de votre animal sur un environnement enrichissant plutôt que sur votre départ, lui apporter une bonne fatigue et de l’apaisement jusqu’à votre retour. Il existe aujourd’hui de très nombreuses façons de stimuler intellectuellement votre animal en votre absence. Nous allons en citer quelques-uns.

La méthode la plus connue : le Kong glacé. Il existe de très nombreuses recettes sur internet : kiri congelé, écrasé de poulet et de carottes… à vous de les consulter ou de faire appel à votre créativité ! Il vous suffit d’insérer votre recette au sein de votre Kong et de passer celui-ci au congélateur ; 30 minutes à 2h selon le niveau de difficulté choisi. Vous comprendrez alors tout l’intérêt de la congélation : votre animal prendra davantage de temps pour venir à bout de sa « sucette » !
Vous pouvez rendre cette activité encore plus stimulante en réalisant un « Kong à étages » ; plusieurs saveurs en terminant par LA récompense ultime, celle à laquelle votre chien ne pourra pas résister ! Pour les loulous en surpoids, consacrez-y une partie de sa ration : humidifiez quelques croquettes puis écrasez-les. La pâtée obtenue sera parfaitement adaptée pour garnir votre Kong.

Une autre activité plus méconnue, mais toute aussi intéressante : le Sprinkles. Le terme vient de l’anglais « to sprinkle » qui signifie saupoudrer. Le concept est simple : il suffit de saupoudrer une zone d'herbe de votre jardin de minuscules morceaux de nourriture à l'insu de votre chien. Votre animal va alors travailler pour récupérer sa nourriture en utilisant son flair et son intelligence : le principe même de la stimulation mentale ! Et plus votre chien travaille, moins il s’ennuie ! Le jeu du Sprinkles a aussi ses variantes en intérieur :

·        « les cachettes-croquettes » prenez quelques minutes avant votre départ pour disperser quelques friandises dans votre appartement, à l’insu de votre chien. Cette activité aura non seulement le mérite de stimuler intellectuellement votre animal, mais elle transformera votre départ en événement positif.

·        Le tapis de fouille : le concept est le même, il s’agit d’un petit tapis aux longues bandes de tissus, et à l’intérieur desquelles vous dispersez des petits morceaux de nourriture. Votre chien passera alors un long moment à renifler et trifouiller le tapis de fouille afin de récupérer ses friandises. Vous pouvez le réaliser vous-même ou l’acheter à faible coût sur internet.

Enfin, il existe sur le marché des jeux d’intelligence ou de stimulation mentale. Pour exemple, le jouet Odin, vendu sur notre boutique, regorge d’ingéniosité. En effet, il s’utilise avec un ou plusieurs modules, et se remplit de petites friandises dont l’objectif est d’occuper votre compagnon. Il apprend alors de lui-même à faire avancer le jouet, avec son museau ou ses pattes, afin de récupérer la nourriture ou les croquettes préalablement insérées. Un formidable exutoire en intérieur ; tant la réflexion engendrée par le jeu entraîne fatigue, apaisement et satisfaction.

L’activité masticatoire.

L’activité masticatoire est essentielle pour nos compagnons et particulièrement au cours de leur jeune âge. Certes, cette activité est en partie comblée au cours de leur repas, certains chiens en ressentent un besoin plus important ; il convient alors de leur offrir des os en peau de buffle, des oreilles des porc, des jouets « extrêmes » prévus à cet effet ou des objets en corde. Nous ne saurions vous conseiller les bois de cerfs dont on observe, dixit le Dr Charlotte Renard, une recrudescence des accidents (fractures dentaires, la matière étant plus dure que la dent elle-même).

Le célèbre Dr Joël Dehasse en confirme le besoin. Il a d’ailleurs émis l’équation suivante :
AG = AL + AV + AM + AI ce qui signifie : activité générale = activité locomotrice + activité vocale + activité masticatoire + activité intellectuelle

·         Activité locomotrice : promenade, courses, sauts, natation, agility, fly-ball...

·         Activité vocale : aboiements, gémissements...

·         Activité masticatoire : ingestion du repas, mâcher des os, des kongs...

·         Activité intellectuelle : jeux nécessitant la discrimination (retrouver un objet marqué d’une odeur spécifique), recherche de nourriture, …

Dans cette formule, si on veut diminuer une sorte d’activité, il faut en augmenter une autre pour garder l’équilibre. Ainsi, si les activités intellectuelles ont été faibles au cours de la journée, compensez les besoins de votre animal avec un article à ronger.

Les activités sociales.

Le chien est un animal de groupe ; il aime faire des choses au sein de celui-ci, avec d’autres chiens ou des humains. Les rencontres positives avec ses congénères au parc lui seront bénéfiques, les interactions avec ses maîtres le sont tout autant. Vous serez surpris de constater à quel point apprendre des petits tours à votre animal renforcera votre complicité.

Notre petite Emmy a été diagnostiquée HSHA (Hyper Sensible – Hyper Active) depuis son plus jeune âge. Il nous a fallu un certain temps avant de comprendre qu’elle avait de grands besoins au-delà de ses longues balades, et c’est via nos interactions, nos échanges et ses apprentissages que nous avons appris à capter son attention, à la canaliser, à la fatiguer et surtout à renforcer sa confiance et notre complicité. Nous avons avancé pas à pas, en commençant par l’éducation de base… Emmy avait beaucoup de retard par rapport à ses congénères, elle connaît aujourd’hui bien plus de choses que la plupart des chiens. Non pas que nous soyons fiers de la quantité de ses tours connus, mais plutôt de la complicité incroyable que ceux-ci ont engendré. Malgré le syndrôme HSHA, nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons un chien bien dans sa tête et dans ses pattes… comme quoi tout est possible (et nous partions vraiment de loin).

Il existe des centaines de tours très simples à apprendre à son animal. Faites un tour sur Youtube pour en apprendre les mécanismes. Au-delà de renforcer la relation que vous avez avec votre animal, l’apprentissage de tours permet à votre chien d’obtenir une bonne dépense mentale, de renforcer son éducation de base et son goût pour l’apprentissage et de prendre confiance en lui.

Revoir ses départs.

Trop de maîtres pensent bien faire en caressant leur chien avant de partir ou en lui murmurant quelques mots de consolation. Et bien si vous en faites partie, sachez que c'est une très grosse erreur qui va produire exactement l'effet inverse que celui que vous souhaitez.
Les chiens ne comprennent pas tous les mots qui sortent de notre bouche. En revanche, ils sont capables de comprendre nos émotions et nos intonations, que ce soit de la colère ou de la consolation : les chiens peuvent ainsi comprendre que « quelquechose ne va pas ». Si en plus de cela, vos expressions faciales concordent et que vous le consolez, il interprètera « qu’il y a vraiment quelquechose qui ne va ». Et puisque vous partez juste après, l’animal associera votre départ avec une angoisse. On entre alors dans un véritable cercle vicieux qu’on nomme aujourd’hui l’anxieté de séparation, à l’origine de bon nombre de comportements destructeurs.

Il est donc primordial de revoir ses départs afin d’éviter d’angoisser nos petits protégés. Les dix minutes précédents celui-ci : ignorez littéralement votre chien. Cela peut paraître cruel mais il est important que votre loulou ne concentre pas son attention sur vous à ce moment-là. Vous pouvez allumer la télé : le bruit engendré donne une impression de mouvement, que la vie continue et ne s’arrête pas avec votre absence. Bien au contraire, votre animal peut avoir des choses bien plus intéressantes à faire comme celles qui ont été évoquées plus haut. Au moment du départ, partez comme si de rien était : sans le moindre mot, sans la moindre caresse ni même un croisement de regard… Mais quels odieux personnages sommes-nous !! Bien au contraire, les chiens étant capables de ressentir la moindre émotion dans nos yeux, nous leur rendons service en évitant de leur infliger un stress. Il y a une énorme différence entre un départ « angoissant » (et un mot, une caresse, dans ce cas précis, peuvent être angoissants), et un départ normal, « comme si de rien était », avec en prime des activités stimulantes qui pourraient être proposées à votre chien… Tiens le départ du Maître peut être quelquechose de cool finalement ! ;-)

Commencez par de faux départs, 5 minutes puis 10 minutes d’absence, en respectant ces règles tout simples et en proposant des stimulations à votre animal… Vous verrez, les progrès peuvent être très rapides. Attention, au moindre croisement de regard : vous avez perdu !

Aider son chien à se détendre.

Avoir un chien plus calme au quotidien, c’est essentiellement répondre à ses besoins fondamentaux qui ont été évoqués au début de cet article. Il est toutefois possible d’accompagner votre animal sur le chemin de la détente et de l’apaisement, en modifiant VOTRE propre comportement. Avoir conscience de la « contagion » qui s’opère entre nous et les chiens sans même que nous en soyons conscients est une étape importante à franchir. Il est important de travailler sur soi lorsqu’on interagit avec un animal. Le stress engendre le stress, le calme engendre le calme.

En sa qualité de HSHA (Hyper Sensible – Hyper Active), il est facile de constater que le niveau d’excitation d’Emmy a un impact immédiat sur ses comportements et ses interactions. Un niveau d’excitation très élevé tel que celui engendré par des jeux de balle provoque chez elle une perte totale d’auto-contrôles, des comportement agressifs et destructeurs, et une difficulté à retrouver son calme et à capter son attention sur nous. Il est donc important de limiter ce type de jeux, ou d’y consacrer très peu de temps afin de ne pas la surexciter. Bien au contraire, les interactions douces, les caresses longues et lentes (et pas les « gratouillis » excitants), une respiration calme de notre part, une attitude particulièrement zen et une voix apaisante ont pour particularité de baisser son niveau d’éveil (et son niveau cardiaque) et il a été fascinant de constater qu’il en est ressorti un comportement beaucoup plus calme.

Il existe également des produits naturels sur le marché, tels que les Fleurs de Bach ou les huiles essentielles. Ces dernières sont toutefois à manier avec précaution ; des professionnels sont là pour vous conseiller dans leur utilisation.
Nous vendons nous-même des huiles de massage hydratantes ou apaisantes. Formulées à base de produits naturels et d’huiles essentielles thérapeutiques, elles invitent votre boule de poils à la détente et au bien-être. Quand au « Pillow Spray – Calming », vendu également sur notre boutique et formulé à base d’huile essentielle de lavande 100% naturelle, il se vaporise sur l’espace de sommeil et les textiles afin de détentre votre compagnon en toutes circonstances ; y compris les situation stressantes telles qu'une sortie en voiture, une visite chez le vétérinaire ou un déménagement.

À vous de jouer.

Pour conclure, nous dirons que la grande faculté d’adaptation des chiens les expose fréquemment à de longues périodes d’attente, ainsi qu’à un quotidien parfois bien moins stimulant que ce à quoi ils aspireraient. Certains en viennent à manifester leur inconfort par des comportements dits « problématiques » (aboiements, destructions, auto-mutilations). Attendre un changement de comportement, à court ou long terme, sans envisager d’aménagements préalables dans la vie du chien nous apparaît ainsi comme un gros risque d’incompréhension et la perspective d’un échec assuré.

En tant que propriétaires de chiens, nous nous devons de nous adapter à eux et de répondre à l’ensemble de leurs besoins : assurez- vous que votre chien ne manque ni de dépenses physiques, ni de stimulations, ni de contacts sociaux ou que ceux dont il dispose déjà soient de bonne qualité et répondent à ses aspirations. Et avant chaque départ, posez-vous les questions essentielles : mon chien est-il sorti suffisamment ? Sa sortie a-t-elle été de qualité ? A-t-il des stimulations intéressantes pour s’occuper en mon absence ? Et enfin, déritualisez votre départ et partez comme si de rien était, sans même un croisement de regard : croyez-nous, vous lui rendrez service : c’est à vous que vous ferez du mal, pas à lui ;-)

 

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